Une utilité du CSE largement reconnue, mais un dialogue social sous tension

Le CSE conserve une image positive auprès d’une large majorité de salariés et de directions, qui reconnaissent son rôle pour relayer les réalités du terrain, défendre les salariés et traiter les questions de santé, de sécurité et de conditions de travail. Cette reconnaissance traduit l’ancrage durable de l’instance dans le fonctionnement des entreprises, y compris sur les sujets sociaux et économiques structurants.

Pour autant, l’évaluation globale du dialogue social diverge fortement selon les acteurs. Les représentants du personnel attribuent une note moyenne de 5,1 sur 10, la plus basse observée depuis plusieurs années, contre 5,9 sur 10 pour les salariés et 7,7 sur 10 pour les directions. Cette dégradation est notamment liée à un sentiment croissant de faible prise en compte des avis et revendications, qui constitue pourtant, pour les élus, l’un des déterminants majeurs de la qualité du dialogue social.

Des conditions d’exercice de plus en plus contraignantes pour les élus

Le baromètre souligne un alourdissement des contraintes pesant sur l’exercice du mandat. Les représentants du personnel pointent un affaiblissement de leur poids face aux directions, une charge de travail accrue et un manque de temps pour traiter les dossiers de fond. Ces difficultés alimentent une inquiétude croissante quant à l’avenir du dialogue social, même si la détermination et l’engagement des élus demeurent élevés.

Si le mandat permet le développement de compétences, il reste peu valorisé dans les parcours professionnels et peut freiner l’évolution de carrière ou de rémunération, un enjeu particulièrement sensible pour les cadres investis dans ces fonctions. Ces derniers sont directement concernés par la reconnaissance de l’engagement syndical et par l’accès à des moyens leur permettant d’exercer pleinement leur rôle.

Des priorités établies, des enjeux émergents encore peu débattus

Les priorités du dialogue social restent dominées par la santé, les risques psychosociaux, la sécurité et les conditions de travail, qui arrivent largement en tête pour l’ensemble des publics interrogés. Les questions de rémunération et de partage de la valeur demeurent également centrales, dans un contexte d’inflation moins forte mais toujours présente, avec un décalage persistant entre attentes des salariés et projections des directions.

En parallèle, le baromètre met en évidence un décalage préoccupant entre le déploiement de l’intelligence artificielle dans les entreprises et la faiblesse du dialogue social sur ce sujet. Une majorité de représentants du personnel déclarent que des projets ou outils fondés sur l’IA sont déjà en place ou en cours, mais ces évolutions donnent rarement lieu à des consultations formelles. À l’inverse, les enjeux environnementaux peinent à trouver leur place au sein du CSE, faute de temps, de moyens et d’expertise, alors même qu’ils sont appelés à s’inscrire durablement dans le dialogue social.

 

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