LE 27.07.2015
Open data et administrations publiques
Risques et enjeux de l'ouverture des données publiques

L’Open Data est un enjeu pour l’économie plus encore pour les services publics. Toutefois il reste encore des pans entiers de données à libérer et à mieux faire circuler dans l’administration pour bénéficier d’un pilotage plus efficace des politiques publiques. Mieux former les fonctionnaires à l’Open Data et au traitement des données, réunir autour de l’État un écosystème qui tire une valeur ajoutée de ces données tout en restant attentif au bon usage de ces informations pour orienter les décisions publiques… L’administrateur général des données, Henri Verdier, la députée socialiste Corinne Erhel, et le Secrétaire général de FO-Cadres et vice-président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), Éric Pérès, décryptent, lors des huitièmes Rencontres des Acteurs publics le 1er juillet, les enjeux stratégiques d’une bonne politique de la donnée.

 

“Ce mouvement renverse tous les repères de l’administration et interroge aussi la manière de communiquer des organisations syndicales”, souligne le secrétaire général de FO Cadres. D’où la nécessité d’avoir un discours qui ne s’arrête pas simplement à des injonctions sur l’indispensable ouverture, mais qui engage une réflexion sur la finalité de cette transformation par la donnée. “On ouvre, et c’est très bien. Mais une fois que le roi est nu, que fait-on ?” interroge Éric Pérès.

Open Data“Le numérique ne peut pas être un outil au service d’une rationalisation aveugle qui viserait uniquement une baisse des effectifs et du coût du service public”, ajoute-t-il, “il doit aussi porter les valeurs de solidarité et agir sur la capacité d’innovation de la fonction publique pour un meilleur service au citoyen”. Il s’agit de comprendre que la donnée est un avantage considérable pour redorer le blason de l’État et des politiques publiques qu’il met en place. D’autant que les nouvelles technologies ont augmenté le niveau d’exigence de l’usager du service public.

L’administration doit montrer qu’elle est capable de se mettre à jour pour répondre à ce niveau d’attente. “Il faut faire du numérique un outil de transformation des méthodes de travail. Cette révolution impacte toute la chaîne de valeur : le mode de recrutement, les ressources humaines, la gestion, la communication, la diffusion…”, énumère Éric Pérès. Un bouleversement auquel les pouvoirs publics ne pourront réagir correctement sans former et sensibiliser leurs agents.

Dans son avis déposé au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Éric Pérès formule plusieurs recommandations pour améliorer la stratégie numérique de l’État. Il propose notamment :
– d’inscrire le calendrier de l’ouverture des données publiques dans les contrats d’objectifs des administrations publiques ;
– de développer une formation continue sur la donnée pour améliorer les compétences des agents ;
– de créer un poste d’“administrateur général des technologies de l’État”, ou chief technology officer, rattaché au Premier ministre et chargé d’assurer la cohérence des technologies utilisées par les différentes administrations.

 

Source : Acteurs publics TV

 





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