LE 29.01.2013
Discrimination à l’embauche
Du chemin reste à parcourir

Cadres, entreprises et intermédiaires du recrutement s’accordent pour dire que les discriminations n’ont pas disparu lors des recrutements de cadres. Le critère de l’âge seraient la discrimination la plus répandue.

Plus de 60 % des recruteurs en entreprise et plus de 90% des intermédiaires le reconnaissent. De leur côté, 84 % des cadres considèrent eux aussi que l’âge est souvent discriminant lors des recrutements. Pour eux, la plupart des discriminations interdites par la loi sont assez, voire très fréquentes lors des recrutements, en particulier celles fondées sur la grossesse, l’apparence physique ou l’origine ethnique (cf. Tabl. 1). Si les recruteurs reconnaissent que ces discriminations existent, elles ne seraient que « parfois » ou « rarement » à l’origine d’un blocage selon eux.

Une discrimination plus large que celle définie par le cadre réglementaire

Comme lors de la précédente enquête Apec en 2005, l’âge, le sexe, l’origine ethnique, l’apparence physique comptent parmi les critères susceptibles d’empêcher un recrutement. Mais d’autres critères, ne faisant pas partie des discriminations au sens réglementaire, peuvent eux aussi constituer des obstacles. Ainsi, mentionner ses années d’expérience ou les caractéristiques précises de sa formation  (niveau et/ou filière) nourrit le sentiment d’être discriminé chez de nombreux candidats. Enfin, des critères sans lien avéré avec l’aptitude à occuper le poste, comme le fait d’habiter loin, d’être au chômage ou d’avoir des « trous » dans son CV… contribuent à se sentir discriminer (cf. Tabl. 2)

Des dispositifs anti-discrimination existent pourtant mais ils sont encore peu utilisés… et peu connus.

Une minorité d’entreprises utilisent le CV anonyme ou le recrutement par questionnaire anonymisé et une minorité de cadres a déjà été concernée par ces dispositifs. Ils sont pourtant jugés plutôt efficaces dans la lutte contre les discriminations par une majorité des cadres. D’autre part, on peut constater un manque d’informations des cadres sur ce sujet, de nature à laisser persister chez eux un sentiment de discrimination. Seule une faible proportion d’entre eux déclare que leur entreprise a mis en place des dispositifs anti-discriminations autres que ceux imposés par la loi ; la moitié déclare ne pas savoir.

Pour FO-Cadres, dépasser le déni de la discrimination est un défi à relever au plus vite. Les entreprises doivent désormais reconnaître la diversité des profils et des origines comme un atout indispensable à leur réussite.





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