Des cadres particulièrement exposés
Selon Malakoff Humanis, 44,4 % des arrêts de plus de trente jours chez les cadres étaient liés à la santé mentale en 2025, contre 32,5 % chez les non-cadres. Les troubles psychologiques constituent désormais la première cause des arrêts longs.
Les données de l’Apec confirment cette exposition : 41 % des cadres travaillent souvent sous pression et 65 % continuent de penser à leur activité sur leur temps libre. Managers et ingénieurs font face à des exigences qui débordent le cadre professionnel.
Des témoignages qui questionnent l’organisation
Burn-out, surcharge, réorganisations imposées, conflits éthiques ou management délétère : les récits recueillis dans ce numéro montrent des situations diverses, mais souvent marquées par le manque de moyens, l’isolement et la perte de sens.
Psychologues du travail, sociologues et juristes éclairent ces expériences. Ils soulignent les limites des réponses centrées sur l’individu, comme le coaching ou la gestion du stress, lorsque les conditions de réalisation du travail demeurent inchangées.
Agir en amont sur les risques psychosociaux
Dans son éditorial, Éric Pérès, secrétaire général de FO-Cadres, rappelle : « Ce ne sont pas les cadres qui sont fragiles, c’est l’organisation qui est malade ». Il appelle à privilégier la prévention primaire et à examiner les effets des réorganisations sur la santé des salariés.
La Lettre met également en avant les échanges collectifs sur le travail réel, le rôle des représentants du personnel et la responsabilité des employeurs. Autant de leviers pour faire de la santé mentale un enjeu central du dialogue social et de la prévention des risques psychosociaux.