Des bénéfices économiques jugés peu démontrés

Le TUAC estime que les liens entre un affaiblissement de la protection de l'emploi et une amélioration de la productivité ou de l'emploi ne sont pas établis. Selon le document, les recherches montrent que des règles protectrices limitent les destructions d'emplois en période de ralentissement économique, sans entraîner systématiquement davantage de chômage. Elles favoriseraient également des parcours professionnels plus stables et l'investissement dans les compétences. 

La note conteste également l'idée selon laquelle une protection élevée des contrats à durée indéterminée favoriserait le recours excessif aux contrats temporaires. Elle considère que le principal enjeu réside dans les écarts de protection entre les différents types de contrats et non dans le niveau global de protection des salariés. 

Informalité et intelligence artificielle

Le rapport critique les recommandations consistant à alléger les règles du travail pour lutter contre l'emploi informel. Il souligne que la majorité des travailleurs informels dans le monde n'est pas salariée et que le développement de la protection sociale, des droits et des contrôles apparaît davantage documenté comme levier de formalisation. 

Le TUAC réfute aussi l'idée selon laquelle une protection de l'emploi plus faible permettrait à l'Europe de rattraper son retard dans l'investissement en intelligence artificielle. Il met plutôt en avant d'autres facteurs, comme le financement de l'innovation, les marchés de capitaux, l'investissement public ou les écosystèmes de recherche. En conclusion, le document présente la protection de l'emploi comme un élément contribuant à la stabilité des parcours professionnels, à la sécurité des revenus, à la qualité de l'emploi et à la cohésion sociale. 

 

L’étude  : https://urls.fr/7SpaiH - document en anglais