Une automatisation graduée des processus de travail

Un agent IA est un programme capable de coordonner des actions à partir de modèles d’intelligence artificielle, en analysant un environnement, en comparant plusieurs options et en exécutant des opérations avec ou sans validation humaine. Concrètement, ces systèmes peuvent consulter un agenda, comparer des offres de transport, proposer des solutions adaptées puis effectuer un paiement en ligne selon les paramètres définis. 

La littérature distingue cinq degrés d’autonomie, allant d’agents exécutant des règles prédéfinies jusqu’à des systèmes auto-dirigés capables d’apprendre en continu et de réaliser des tâches de bout en bout. Ce dernier niveau, reposant notamment sur l’apprentissage perpétuel, demeure aujourd’hui à l’état de recherche. 

Des architectures logicielles en plusieurs couches

Le fonctionnement des IA agentiques repose sur différentes couches logicielles. La couche applicative constitue l’interface utilisateur, par exemple via un assistant intégré à une messagerie. La couche d’orchestration organise les étapes nécessaires à la réalisation d’une tâche, comme la lecture d’un message ou la rédaction d’une réponse. 

La couche logique sélectionne les actions à effectuer en fonction d’objectifs et de coûts associés, tandis que la couche d’évaluation vérifie les résultats obtenus et peut intégrer des corrections automatisées ou humaines. Ces mécanismes permettent à l’IA de comprendre, décider, agir puis s’améliorer dans le temps. 

Des capacités techniques en forte évolution

Plusieurs évolutions technologiques contribuent au développement de ces systèmes, notamment l’amélioration des modèles de raisonnement depuis septembre 2024, l’optimisation post-entraînement ou encore l’allongement des capacités de mémoire contextuelle. 

Selon les données du think tank EPOCH AI, le coût moyen de l’inférence — c’est-à-dire le traitement d’une requête par un modèle — a été divisé par 90 en 18 mois. Cette baisse accompagne le développement de services d’infrastructure permettant un accès à distance à la puissance de calcul nécessaire. 

Des limites techniques et organisationnelles

Le déploiement de logiciels agentiques peut entraîner des effets de cascade lorsque plusieurs opérations successives se combinent, ainsi que des comportements imprévus liés à la multiplication des agents en interaction. Des divergences d’interprétation entre systèmes peuvent également conduire à des décisions contradictoires ou à des répétitions inutiles d’actions. 

Par ailleurs, l’accès à des volumes importants de données personnelles soulève des enjeux de sécurité et de responsabilité en cas d’erreur ou de décision dommageable. Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, entré en vigueur en 2025, prévoit notamment des obligations de transparence, de supervision humaine et de traçabilité pour les systèmes à haut risque. 

Des impacts sur l’organisation du travail

L’automatisation de tâches jusqu’ici non automatisables est susceptible de transformer l’organisation du travail, y compris pour certaines fonctions d’ingénierie ou de conception. Toutefois, l’adoption de l’IA demeure progressive lorsque les tâches automatisables représentent moins de 20% des activités d’un métier. 

Les systèmes agentiques pourraient également influencer la qualité du travail, les conditions d’exercice des fonctions ou l’accès à la formation, avec des effets potentiels sur la création et la destruction d’emplois. 

L’étude ici : https://urls.fr/Rib8cw