Un poids encore limité mais des profils spécifiques
Parmi les actifs occupés, 13 % sont indépendants en 2024, contre 87 % de salariés, dont 73 % en contrat à durée indéterminée. Le travail indépendant demeure donc minoritaire, même s’il a connu une légère progression depuis le début des années 2000. Dans cet ensemble, les freelances cadres représentent un segment particulier, défini comme des travailleurs à leur compte, sans salarié, exerçant des métiers pouvant aussi s’exercer en entreprise au statut de cadre.
Ces freelances cadres interviennent majoritairement dans la communication, la création et la culture (29 %), l’informatique (23 %) et les fonctions financières, comptables et de gestion (18 %). Les seniors y sont surreprésentés : 24 % ont 55 ans ou plus, contre 16 % parmi les cadres salariés. Par ailleurs, 8 % sont déjà retraités, soit environ 34 000 personnes, et 25 % exercent leur activité indépendante depuis au moins dix ans.
Des motivations centrées sur la liberté professionnelle
Dans les représentations des cadres salariés, le travail à son compte est d’abord associé à l’autonomie. La liberté d’organiser son temps de travail est citée par 50 % d’entre eux comme principal avantage, devant l’absence de hiérarchie (40 %) et la satisfaction de développer son propre projet professionnel (40 %). La possibilité de choisir ses missions concerne 28 %, tandis que l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est mentionné par 21 %.
Pour ceux qui ont franchi le pas, le passage au freelancing s’inscrit dans des parcours variés : projet mûri de longue date, opportunité professionnelle sécurisée par un premier client, ou solution face à des difficultés de retour à l’emploi salarié. Les trajectoires sont souvent liées à des questionnements sur le contenu du travail, les conditions d’exercice, ou à des événements personnels.
Des contraintes et des retours possibles vers le salariat
L’activité indépendante expose toutefois à des formes d’insécurité. Les freelances cadres évoquent la variabilité des revenus, la dépendance à la prospection et la charge administrative liée au statut juridique. La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle est parfois brouillée, d’autant que 53 % travaillent à domicile en permanence, contre 4 % des cadres salariés.
Dans ce contexte, le retour au salariat demeure une option. Il intervient le plus souvent en cas de besoin de stabilité financière ou à l’occasion de changements de situation personnelle. Les compétences acquises en freelance – polyvalence, autonomie, expertise sectorielle – sont alors perçues comme valorisables, même si les candidats doivent parfois répondre aux interrogations des recruteurs sur l’adaptation à un cadre collectif et hiérarchisé.
Lien vers l’étude : https://urls.fr/e4Iw1R