Une exposition au chômage plus marquée après 50 ans

Contrairement aux autres catégories socio-professionnelles, les cadres sont davantage exposés au chômage après 50 ans qu’aux âges plus jeunes. En 2024, le taux de chômage des cadres seniors atteint 4,6 %, contre 4,2 % pour l’ensemble des cadres. Fin juin 2025, 210 000 demandeurs d’emploi de 50 ans et plus recherchent un emploi cadre, dont 173 600 inscrits en catégories A, B ou C de France Travail.

Parmi eux, 46 % sont sans emploi (catégorie A) et 36 % exercent une activité réduite (catégories B et C). La part des demandeurs d’emploi en catégorie E, comprenant notamment les créateurs d’entreprise, s’élève à 9 %, un niveau supérieur à celui observé chez les non-cadres du même âge.

Des profils diplômés, majoritairement masculins

Les demandeurs d’emploi cadre seniors se distinguent par un niveau de diplôme élevé : 37 % sont titulaires d’un diplôme de niveau bac+5 ou plus, contre 3 % parmi les demandeurs d’emploi non-cadres de 50 ans et plus. Les hommes représentent 63 % de cette population, et la tranche des 60 ans et plus en constitue 31 %.

Géographiquement, ils sont présents sur l’ensemble du territoire, avec une concentration plus forte en Île-de-France où résident 56 600 d’entre eux. Seuls 3 % habitent dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, contre 13 % des demandeurs d’emploi non-cadres seniors.

Des parcours marqués par le chômage de longue durée

Sur la période juillet 2024 – juin 2025, 144 800 cadres de 50 ans et plus se sont inscrits à France Travail en catégories ABC. L’inscription fait plus fréquemment suite à une rupture conventionnelle (23 %) que pour les non-cadres seniors.

Le chômage de longue durée reste présent : 26 % des demandeurs d’emploi cadre seniors ont passé au moins 12 mois en catégorie A sur les 15 derniers mois. Cette proportion atteint 40 % chez les 60 ans et plus. Les hommes sont davantage concernés que les femmes, avec respectivement 28 % et 24 % de chômeurs de longue durée.

Métiers visés, revenus et formation

Les métiers les plus recherchés relèvent principalement des fonctions commerciales, administratives, comptables et financières. À la sortie du chômage, 39 % des cadres seniors retrouvent un emploi dans le même métier que celui recherché, tandis que 46 % accèdent à un poste dans un autre domaine professionnel.

Côté revenus, 77 % des demandeurs d’emploi cadre seniors disposent d’un droit ouvert à l’indemnisation chômage et 60 % perçoivent effectivement une allocation (contre 71% des non-cadres). Pour 64 % d’entre eux, le montant théorique mensuel dépasse 2 000 euros, dont 31 % au-delà de 3 000 euros. Par ailleurs, 6 % sont bénéficiaires du RSA, soit environ 10 150 personnes.

En matière de formation, 24 150 demandeurs d’emploi cadre de 50 ans et plus ont débuté une formation en 2024. Les formations suivies sont en moyenne plus courtes que celles des non-cadres, avec une durée moyenne de 199 heures, et portent principalement sur l’accompagnement vers l’emploi, les langues et la gestion des organisations.

Lien vers l’étude : https://urls.fr/5bn9BE