Cadres : une réalité loin des clichés

Tout au long du congrès, un constat s’est imposé : si tant est que ce fut un jour le cas, les cadres ne constituent plus une catégorie privilégiée, imperméable aux problématiques rencontrées par les autres catégories socio-professionnelles. Bien au contraire : pression accrue, surcharge de travail, responsabilités sans réel pouvoir de décision, stress, manque de reconnaissance et stagnation salariale font aujourd’hui le quotidien de nombreux cadres. À ces réalités s’ajoutent les inquiétudes liées aux restructurations, à la sous-traitance et à l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur les métiers.

Des interventions riches autour d’enjeux capitaux pour l’emploi

Comme l’a rappelé Éric PERES, dans un contexte de tensions géopolitiques, de crise économique, de transition écologique et d’essor des technologies numériques, les cadres et ingénieurs sont en première ligne. Aussi les repères professionnels se déplacent-ils rapidement, renforçant le sentiment d’incertitude et la nécessité d’une représentation collective forte. 

Les nombreuses interventions des délégués représentant les fédérations et syndicats nationaux adhérentes à FO-Cadres ( FEC-FO, FEETS-FO, FGTA-FO, FNAS-FO, FNEM-FO, FNEC-FP-FO, FO-Cheminots, FO-Construction, FO-Chimie,  FO-Com, FO-Pharmacie, FO-Métaux, FO-SPS, FO-DGFIP, SNITPECT-FO  ) n’ont pas démenti cet état de fait. Elles ont abordé les enjeux de l’emploi, des conditions de travail, du management sans écarter les enjeux liés à la protection de la vie privée des salariés, de la régulation de l’IA et du partage de la valeur.

Intelligence artificielle : encadrer les transformations, pas les subir

De la présentation du rapport d’activité aux interventions des délégués, le congrès a accordé une place centrale aux enjeux liés à l’intelligence artificielle qui ont suscité par ailleurs un vif intérêt au regard notamment des nombreuses actions entreprises par FO-Cadres sur ce sujet. Des actions conduites avec une ligne constante : l’IA ne doit ni fragiliser l’emploi qualifié ni se substituer à l’expertise humaine. Elle doit au contraire être encadrée par des règles claires, une gouvernance partagée et un dialogue social renforcé. Sans anticipation collective, les transformations technologiques risquent d’accentuer les inégalités, de dégrader les conditions de travail et de vider ledit travail cadre de son sens. 

FO-Cadres acteur du dialogue social et du paritarisme

Le congrès fut également l’occasion de revenir sur l’engagement de FO-Cadres autour de la défense de l’emploi qualifié, du refus de la précarisation des parcours et de la promotion d’un paritarisme d’action. L’investissement de FO-Cadres au sein de la gouvernance de l’Apec et de ses différentes commissions illustre parfaitement cet engagement.

Une présence numérique renforcée au service des cadres

La mandature 2022-2025 a également été marquée par un renforcement de la présence numérique de FO-Cadres. Le site internet fo-cadres.fr s’est imposé comme une plateforme centrale d’information et d’analyse, et de différentes ressources utiles au développement de la syndicalisation des cadres En parallèle, FO-Cadres a renforcer fortement son audience sur les réseaux sociaux, plus particulièrement sur LinkedIn, permettant d’atteindre un public cadre notamment plus jeuner et souvent éloigné des canaux syndicaux traditionnels. 

Développer la syndicalisation et défendre l’expertise

Ce passage en revue des outils syndicaux développés par FO-Cadres fut également l’occasion de revenir sur les différents guides édités ou mis à jour au service du développement syndical. Des supports qui permettent de rendre visibles les réalités vécues par les cadres, de nourrir le débat public sur les mutations du travail et d’éclairer les étapes de la vie professionnelle, de l’accompagnement des jeunes diplômés à la sécurisation des fins de carrière, en passant par la défense de l’expertise des ingénieurs et la protection des lanceurs d’alerte. 

Des défis à venir, des opportunités à saisir

Si le bilan de la mandature a mis en évidence un renforcement de la crédibilité et de la capacité d’action de FO-Cadres, le congrès a aussi ouvert des perspectives. Les transformations du travail, loin de constituer uniquement des menaces, offrent également l’opportunité d’affirmer le rôle d’un syndicat capable d’agir, de proposer et de négocier.

À l’issue de ce XVème congrès, un message s’impose : les cadres ont toute leur place dans le syndicalisme. Plus que jamais ils ont besoin d’une organisation qui reconnaisse leur identité professionnelle sans les isoler, qui défende leur statut sans les couper du collectif, et qui leur permette de peser sur les choix qui façonnent le travail.