Emploi cadre et scénarios de décarbonation
Les travaux de prospective mobilisant les scénarios de France Stratégie et de la Dares indiquent qu’un scénario « bas-carbone » pourrait conduire, par rapport au scénario de référence, à la création de près de 200 000 emplois supplémentaires à l’horizon 2030. Les secteurs de la construction (+122 000 emplois), des activités juridiques et comptables (+46 000) et de la recherche-développement (+15 000) figurent parmi les plus dynamiques, tandis que la chimie, le transport ou la cokéfaction-raffinage seraient exposés à des destructions nettes d’emplois.
Pour les ingénieurs et cadres du secteur privé, l’effet quantitatif apparaît plus modéré : environ 32 000 emplois supplémentaires seraient créés dans le scénario bas-carbone, à ajouter aux 557 000 déjà anticipés dans le scénario de référence. Les métiers des services administratifs, comptables et financiers (+7 700) ainsi que ceux du bâtiment et des travaux publics (+7 600) concentreraient près de la moitié de ces créations, confirmant le rôle des fonctions de pilotage, d’ingénierie et de gestion dans la mise en œuvre des stratégies de décarbonation.
Montée des compétences vertes et transformation des métiers
Entre 2019 et 2024, la part des offres d’emploi cadre mentionnant des compétences vertes est passée de 8 % à 15 % sur apec.fr. Dans les métiers dits « stratégiques » pour la transition, 23 % des offres en 2024 exigent de telles compétences, soit 8 points de plus qu’en 2019. Les progressions les plus marquées concernent l’ingénierie industrielle (32 % des offres en 2024 contre 22 % en 2019), l’analyse-R&D (30 % contre 15 %) et l’aménagement du territoire (32 % contre 16 %).
Ces compétences recouvrent des domaines variés : génie énergétique, énergies renouvelables, écoconception, analyse de cycle de vie, gestion des risques environnementaux, connaissance des réglementations et des normes, ou encore reporting extra-financier dans le cadre de la directive CSRD. Elles concernent à la fois des métiers à finalité environnementale et des fonctions transversales, notamment en ingénierie, en informatique, en ressources humaines, en finance ou en RSE, dont les missions intègrent de plus en plus la mesure et le pilotage de l’empreinte carbone des activités.
L’étude ici : urlr.me/xQ8yu2